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Professionnels · CCMI et entreprises générales

Le constructeur face à la dommage ouvrage

Décennale CNR, garantie de livraison, DO des clients : les quatre régimes d'assurance du CCMiste et les bonnes pratiques pour les fiabiliser.

Le constructeur face à la dommage ouvrage
Profil professionnel
Catégorie
4 régimes
décennale, CNR, garantie de livraison, DO client
Avant DROC
la DO du client doit être réellement émise
10 ans
d'engagement sur chaque maison livrée

CCMI : qui souscrit quoi, exactement

Quatre régimes coexistent sur chaque maison — et la confusion entre eux alimente l'essentiel des litiges assurance en CCMI.

GarantieQui la souscritQui elle protège
Assurance dommage ouvrageLe client (maître d'ouvrage) — souvent via le constructeurLe client et les propriétaires successifs : préfinancement des désordres décennaux
Décennale « réalisateur »Le constructeur, pour les lots exécutés en propreSa responsabilité décennale d'exécutant
Décennale CNRLe constructeur, pour les lots sous-traitésSa responsabilité sur l'ensemble de l'ouvrage qu'il fait construire (article 1792-1)
Garantie de livraisonLe constructeur, auprès d'un garantLe client : achèvement à prix et délais convenus si le constructeur défaille
Décennales des sous-traitantsChaque sous-traitantLeur propre responsabilité — recours du constructeur et des assureurs

Le point souvent mal compris : même en sous-traitant 100 % des travaux, le CCMiste répond de l'intégralité de l'ouvrage — d'où la police CNR, distincte de sa décennale d'exécutant.

Rappel

Le CCMiste est réputé constructeur de tout l'ouvrage

L'article 1792-1 du Code civil répute constructeur celui qui « se charge de la construction » : le CCMiste doit la garantie décennale sur l'ensemble de la maison, y compris les lots sous-traités — assurée par une police CNR ou mixte réalisateur/non-réalisateur (obligation d'assurance : article L241-2 du Code des assurances).

La DO « incluse » : proposer sans se mettre en risque

Proposer la DO au client est un service commercial réel — à condition de tenir trois exigences qui protègent les deux parties.

  1. 1
    Une police réellement émise avant la DROC

    La DO doit exister — attestation nominative avec numéro de police, assureur et adresse du chantier — avant l'ouverture du chantier. Une « DO incluse » facturée mais souscrite tardivement (ou jamais) engage la responsabilité du constructeur et prive le client de garantie sur les premiers ouvrages.

  2. 2
    Une transparence sur le coût et le porteur

    Le client doit savoir ce qu'il paie et qui porte le risque. La DO packagée est souvent 20 à 30 % au-dessus d'une souscription directe — l'assumer commercialement (service, simplicité) vaut mieux que de le laisser découvrir par un courtier concurrent.

  3. 3
    Le libre choix du client, documenté

    Le client peut souscrire sa DO lui-même : acter ce choix par écrit (et vérifier l'attestation avant DROC) protège le constructeur. Un chantier ouvert sans DO expose les deux parties — et bloque la revente du client pendant dix ans.

Le conseil de notre équipe

Constructeurs : sur les dossiers où votre porteur habituel cale (terrain difficile, projet atypique, client au profil complexe), notre équipe peut coter la DO du client en marque blanche de votre parcours — vous gardez la maîtrise commerciale, le client obtient un tarif direct, le chantier démarre couvert.

Les assurances du constructeur : la check-list complète

Au-delà de la DO des clients, le CCMiste porte son propre édifice d'assurances — dont chaque étage conditionne les autres.

L'édifice d'assurance du constructeur
  1. 1 RC professionnelle et RC exploitation

    Le socle : dommages causés aux tiers dans l'exercice de l'activité, hors champ décennal.

  2. 2 Décennale réalisateur — activités déclarées à jour

    Chaque activité réellement exercée doit figurer à la police : un lot exécuté hors nomenclature déclarée est un lot non assuré. À réviser à chaque évolution de l'offre.

  3. 3 Décennale CNR pour les lots sous-traités

    La couverture de la responsabilité « ensemblier » — en abonnement avec déclaration des chantiers pour les constructeurs actifs.

  4. 4 Garantie de livraison auprès du garant

    Obligatoire à peine de sanctions pénales : l'attestation est remise au client au plus tard à l'ouverture du chantier. Le garant évalue la solidité financière du constructeur chaque année.

  5. 5 Le contrôle des sous-traitants

    Attestations décennale + RC pro collectées à chaque marché de sous-traitance, activités et périodes vérifiées : les recours de votre assureur CNR en dépendent.

Le point faible statistique : la nomenclature

La première cause de découverts de garantie chez les constructeurs n'est pas l'absence d'assurance mais la nomenclature d'activités obsolète : l'entreprise a élargi son offre (pose de PAC, ITE, piscines…) sans mettre à jour sa décennale. Un audit annuel activités déclarées vs activités facturées évite l'essentiel des sinistres non couverts.

Sinistre DO chez un client : ce qui attend le constructeur

La DO indemnise le client sans recherche de responsabilité — puis l'assureur se retourne. Autant savoir comment.

La mécanique côté constructeur : l'assureur DO préfinance la réparation chez le client (délais 60/90 jours), puis exerce son recours subrogatoire contre les responsables — le CCMiste en première ligne, puisqu'il répond de l'ensemble de l'ouvrage. Votre assureur décennale (réalisateur ou CNR selon le lot en cause) prend alors le relais, dans la limite de ses franchises.

Trois réflexes réduisent la facture finale : documenter le chantier (comptes rendus, PV de réception, constats de levée de réserves — ils délimitent ce qui est imputable), appeler ses sous-traitants en garantie sans délai (leurs décennales doivent porter leur part), et participer à l'expertise DO dès la convocation — les positions se figent tôt, et un constructeur absent se voit imputer large.

Cas concret

Maison livrée, fissures structurelles en année 4 : l'assureur DO du client préfinance 60 000 € de reprise en sous-œuvre, puis recourt contre le CCMiste. L'expertise impute 70 % au lot terrassement-fondations (sous-traité) et 30 % à un défaut de suivi. Le constructeur, qui avait collecté l'attestation décennale du sous-traitant et documenté le chantier, voit sa CNR régler sa part et l'assureur du sous-traitant porter la sienne. Sans ces attestations, l'intégralité restait sur sa police — avec le malus de sinistralité qui suit.

Questions fréquentes

Questions fréquentes — Constructeur et dommage ouvrage

Qui doit souscrire la dommage ouvrage dans un CCMI : le constructeur ou le client ?
Légalement, le client — maître d'ouvrage (article L242-1). En pratique, le constructeur la propose souvent « incluse » et la souscrit pour le compte du client. Les deux schémas sont valables, à une condition non négociable : une police réellement émise, nominative, avant l'ouverture du chantier, avec attestation remise au client.
Un constructeur qui sous-traite tout doit-il quand même une décennale ?
Oui : réputé constructeur de l'ensemble de l'ouvrage (article 1792-1), il doit la garantie décennale sur toute la maison, lots sous-traités compris — assurée par une police CNR (article L241-2). Sa décennale « réalisateur » ne couvre que les lots exécutés en propre : les deux volets sont nécessaires.
La DO proposée par le constructeur est-elle plus chère ?
Souvent, oui : les DO packagées ressortent couramment 20 à 30 % au-dessus d'une souscription directe à dossier égal — le circuit et la marge de distribution se retrouvent dans la prime. Ce n'est pas illégitime (service, simplicité, dossier maîtrisé), mais le client doit pouvoir comparer : c'est aussi son droit de souscrire ailleurs.
Que risque un constructeur si la DO de son client n'a jamais été souscrite ?
Si la DO était référencée au contrat ou facturée : responsabilité contractuelle entière envers le client, qui se retrouve sans préfinancement pendant dix ans. S'y ajoutent le contentieux commercial, le risque réputationnel et, en cas de désordre, un client qui n'a plus que le constructeur (et ses assureurs) à poursuivre — sans le tampon de la DO.
Comment le recours de l'assureur DO fonctionne-t-il contre le constructeur ?
Après avoir indemnisé le client, l'assureur DO exerce un recours subrogatoire contre les responsables : le CCMiste en première ligne (il répond de tout l'ouvrage), puis ses sous-traitants et leurs assureurs. La qualité de la documentation de chantier et des attestations collectées détermine la répartition finale — et le malus de sinistralité du constructeur.
Un constructeur peut-il faire coter les DO de ses clients par un courtier ?
Oui, et c'est fréquent sur les dossiers que le porteur habituel refuse ou surcote : terrain difficile, projet atypique, autoconstruction partielle encadrée. Le courtier cote en direct pour le client, le constructeur garde la maîtrise commerciale et le chantier démarre couvert — notre équipe travaille ainsi avec plusieurs CCMistes.
Pour aller plus loin

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