Refus de garantie invoqué
L'assureur conteste le caractère décennal du désordre ou prétend qu'il était connu à la réception.
Refus injustifié, qualification contestable, offre sous-évaluée : vous avez plusieurs leviers pour faire valoir vos droits. Contre-expertise, médiateur, tribunal — voici le parcours.
Une décision d'assureur n'est jamais définitive. Si vous estimez qu'elle est mal fondée, mal motivée ou sous-évaluée, la loi vous ouvre trois leviers : la contre-expertise, la médiation et l'action judiciaire. L'ordre compte.
Commencez toujours par l'amiable : une contre-expertise solide + une saisine du médiateur résolvent la majorité des litiges sans passer par un tribunal. Le judiciaire reste l'arme de dernier recours, coûteuse et longue, mais parfois incontournable.
Toutes actions dérivant d'un contrat d'assurance sont prescrites par deux ans à compter de l'événement qui y donne naissance.
Article L114-1 du Code des Assurances
Pas toute décision se conteste utilement. Voici les cas où un recours a de vraies chances d'aboutir.
L'assureur conteste le caractère décennal du désordre ou prétend qu'il était connu à la réception.
L'assureur soutient que le sinistre est hors des 10 ans. Vérifiez la date exacte de réception.
Le chiffrage de l'expert est nettement inférieur à celui des entreprises que vous avez consultées.
L'expert conclut à un désordre esthétique alors qu'il y a atteinte à la solidité ou à l'étanchéité.
L'assureur n'a pas désigné d'expert à 60 jours ou fait son offre à 90 jours — ce qui déclenche des sanctions.
L'expert motive clairement sa décision, elle est cohérente avec les pièces du dossier et votre contrat.
Toujours commencer par l'amiable. Le judiciaire reste le dernier étage.
Vous mandatez un contre-expert (800 – 2 500 €). Il produit un rapport technique qui peut faire évoluer la position de l'assureur.
Saisine du médiateur de l'assurance (gratuit). Il tente de concilier les parties dans les 90 jours. Avis non contraignant mais très souvent suivi.
Dernière étape si la médiation échoue. Demandez une expertise judiciaire au président du tribunal — procédure plus longue mais décisive.
En cas de décision défavorable, appel possible. La Cour de cassation tranche les points de droit pour les cas les plus importants.
Prescription, délai de garantie, coût d'expertise : autant de variables qui déterminent votre fenêtre d'action.
La prescription biennale court à partir du fait générateur de votre contestation. Au-delà, vos droits sont prescrits.
Si le désordre apparaît dans les 10 ans de la réception, vous êtes toujours dans les délais pour la DO — même si la déclaration est tardive.
À votre charge, sauf si la contre-expertise démontre une faute de l'expert initial — auquel cas récupérable.
Nos courtiers partenaires ORIAS peuvent vous aider à préparer votre contestation ou vous orienter vers le bon interlocuteur.