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Glossaire · Assurance

L'assurance Tous Risques Chantier (TRC)

La dommage ouvrage protège votre bâtiment après la réception ; la Tous Risques Chantier le protège pendant qu'on le construit.

Tous Risques Chantier
Assurance
Catégorie
Chantier
couverte de l'ouverture à la réception
Facultative
mais souvent exigée sur les gros projets
0,15 – 0,5 %
du coût des travaux (indicatif)

Qu'est-ce que l'assurance Tous Risques Chantier ?

Une assurance de choses, temporaire, qui couvre l'ouvrage en construction contre les dommages matériels accidentels — « tous risques sauf » ce que le contrat exclut.

Définition
La Tous Risques Chantier (TRC) est une assurance temporaire qui garantit, pendant la durée des travaux, les dommages matériels accidentels subis par l'ouvrage en cours de construction — quelle qu'en soit la cause, sauf exclusions expresses — et ce sans recherche de responsabilité. Elle est souscrite pour le compte commun de tous les intervenants du chantier.

Le principe « tous risques sauf » inverse la logique habituelle : au lieu de lister ce qui est couvert, le contrat couvre tout dommage matériel accidentel et liste ce qui ne l'est pas. Cette architecture évite les débats de qualification quand le sinistre survient.

L'autre force de la TRC est le « pour compte commun » : maître d'ouvrage, entreprises, sous-traitants sont tous assurés par la même police. En cas de sinistre, l'assureur indemnise d'abord et renonce (le plus souvent) à tout recours entre intervenants du chantier — le chantier repart en semaines, pas en années de procédure pour savoir si c'est le maçon ou le charpentier qui a laissé la bâche s'envoler.

Ce que la TRC couvre — et ce qu'elle exclut

Le socle couvre l'ouvrage et les matériaux sur site ; les options étendent aux existants, au matériel et aux pertes indirectes.

Couvert (socle + options courantes)
  • Incendie, explosion, foudre sur l'ouvrage en cours de construction
  • Événements climatiques : tempête, grêle, neige, inondation du chantier
  • Effondrement ou écroulement en cours de travaux
  • Dégâts des eaux en phase chantier
  • Vol de matériaux stockés sur site et vandalisme (option fréquente)
  • Dommages aux existants lors de travaux sur bâtiment occupé (option)
  • Catastrophes naturelles (régime légal Cat-Nat sur les biens assurés)
Exclusions habituelles
  • La malfaçon elle-même : le coût de refaire un travail mal exécuté (seules ses conséquences accidentelles sont couvertes)
  • L'usure, la corrosion et les dommages prévisibles
  • Le vice propre connu du terrain non traité
  • Les pénalités de retard et pertes d'exploitation (sauf extension)
  • La responsabilité civile — c'est l'objet d'une police RC chantier distincte
  • Tout ce qui survient après la réception — relais pris par la dommage ouvrage
Cas concret

Maison hors d'eau, charpente posée, couverture en cours. Une tempête arrache la bâche et la moitié de la charpente ; pluie battante sur les plâtres du rez-de-chaussée. Dégâts : 42 000 €. Avec TRC : déclaration, expertise sous quinzaine, indemnisation, chantier relancé en 6 semaines. Sans TRC : la tempête n'engage la responsabilité de personne (force majeure), la décennale ne joue pas (pas de réception), la DO non plus — le surcoût se négocie entre le maître d'ouvrage et l'entreprise, souvent au tribunal, chantier à l'arrêt.

TRC, dommage ouvrage, décennale : qui couvre quoi, quand ?

Les trois ne se recouvrent presque pas : elles se succèdent dans le temps.

TRCDommage ouvrageDécennale
PériodePendant le chantier, jusqu'à la réceptionDe la réception (relais GPA) au 10e anniversaire10 ans après réception
NatureAssurance de chosesAssurance de choses (préfinancement)Assurance de responsabilité du constructeur
Fait générateurDommage matériel accidentel en cours de travauxDésordre de nature décennale après réceptionResponsabilité du constructeur (art. 1792)
ObligatoireNonOui (maître d'ouvrage, art. L242-1)Oui (constructeur, art. L241-1)
Recherche de responsabilitéNonNon (l'assureur exerce le recours ensuite)Oui — c'est son objet

La frontière entre TRC et DO est la réception des travaux : le même événement (un effondrement, par exemple) relève de la TRC la veille, de la DO le lendemain.

Le point aveugle sans TRC

Avant la réception, la dommage ouvrage ne joue que dans un cas très étroit : contrat résilié pour inexécution après mise en demeure (abandon de chantier). Tout le reste de la phase chantier — incendie, tempête, effondrement accidentel — n'est couvert par rien d'obligatoire. C'est exactement le trou que la TRC vient boucher.

Qui souscrit la TRC, et à quel prix ?

Les assureurs ne publient pas de grille TRC — les fourchettes ci-dessous sont des ordres de grandeur constatés, indicatifs.

La TRC est le plus souvent souscrite par le maître d'ouvrage (particulier, promoteur, collectivité), parfois par l'entreprise générale — l'important étant qu'elle le soit pour le compte de tous les intervenants et une seule fois : deux TRC sur le même chantier ne créent que des conflits d'assureurs. Sur les opérations d'une certaine taille, banques et maîtres d'ouvrage publics l'exigent contractuellement.

Elle se souscrit avant l'ouverture du chantier, idéalement en même temps que la dommage ouvrage : les deux polices partagent le même dossier technique (devis, attestations décennales, étude de sol, plans), et les assureurs proposent fréquemment le duo DO + TRC avec une tarification d'ensemble plus favorable.

Profil de chantierPrime constatée (indicatif)Contexte
Maison individuelle 200 000 €400 – 900 €Souvent proposée en pack avec la DO
Rénovation lourde avec existants 150 000 €600 – 1 200 €Extension « dommages aux existants » incluse
Petit collectif / promotion 1,5 M€3 000 – 7 000 €Exigée par la banque le plus souvent
Chantier avec risques particuliersSur cotationSite en pente, démolition préalable, mitoyenneté sensible

Prix indicatifs constatés (0,15 à 0,5 % du montant des travaux) — les assureurs ne publient pas de tarifs TRC, chaque chantier est coté sur dossier. Franchise usuelle : 1 000 à 5 000 € par sinistre.

Le conseil de notre équipe

Notre lecture : en maison individuelle avec un CCMI solide, la TRC est un confort (le constructeur porte déjà l'essentiel des risques jusqu'à la livraison). En marchés séparés, autoconstruction encadrée ou rénovation lourde, elle devient vite indispensable — c'est vous qui portez le risque chantier, et un seul événement climatique peut coûter des dizaines de milliers d'euros que personne ne remboursera. Demandez systématiquement la cotation DO + TRC ensemble : le surcoût marginal est souvent faible.

Questions fréquentes

Questions fréquentes — Tous Risques Chantier

L'assurance Tous Risques Chantier est-elle obligatoire ?
Non, la TRC est facultative — contrairement à la décennale (obligatoire pour les constructeurs) et à la dommage ouvrage (obligatoire pour le maître d'ouvrage). Elle est en revanche fréquemment exigée par contrat sur les opérations importantes, notamment par les banques qui financent des promotions.
Quelle différence entre TRC et dommage ouvrage ?
La période : la TRC couvre les dommages matériels accidentels pendant le chantier, jusqu'à la réception ; la dommage ouvrage préfinance les désordres de nature décennale après la réception, pendant 10 ans. Les deux sont des assurances de choses, sans recherche de responsabilité, et se complètent exactement — la frontière est le PV de réception.
Qui doit souscrire la TRC ?
Le plus souvent le maître d'ouvrage, parfois l'entreprise générale ou le promoteur. L'essentiel est qu'une seule police soit souscrite pour le compte commun de tous les intervenants du chantier — c'est ce qui permet l'indemnisation rapide sans recours internes.
La TRC couvre-t-elle les malfaçons ?
Non : le coût de refaire un travail mal exécuté reste à la charge de l'entreprise. La TRC couvre en revanche les conséquences accidentelles d'une malfaçon (l'effondrement qu'elle provoque sur d'autres parties de l'ouvrage, par exemple), selon les clauses du contrat.
Combien coûte une assurance TRC ?
Comptez, à titre indicatif, 0,15 à 0,5 % du montant des travaux : environ 400 à 900 € pour une maison à 200 000 €. Les assureurs ne publient pas de grille — chaque chantier est coté sur dossier (nature des travaux, existants, site, durée). La cotation groupée avec la dommage ouvrage est souvent avantageuse.
Que se passe-t-il sans TRC si le chantier subit un incendie ou une tempête ?
Avant réception, ni la décennale ni la dommage ouvrage ne jouent pour un événement accidentel sans responsable. Le coût se répartit selon les contrats et la charge des risques — en marchés séparés, il pèse largement sur le maître d'ouvrage. C'est précisément le vide que la TRC comble.
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