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Recours8 min · Mis à jour le 3 août 2026

Assureur DO en faillite : quels recours ?

Votre assureur dommages-ouvrage a perdu son agrément ou a été placé en liquidation ? La DO étant une assurance obligatoire, un filet de sécurité existe : le FGAO. Voici ce qui se passe et comment récupérer votre indemnisation.

En bref

  • La DO est obligatoire : la faillite de l'assureur n'annule pas votre droit à indemnisation.
  • Le FGAO prend le relais, dans les limites fixées par la loi.
  • Réflexe : déclarer sa créance au liquidateur et contacter le FGAO.
  • Prévention : vérifier l'agrément ACPR avant de souscrire.

Quand un assureur DO disparaît

La disparition d'un assureur ne se produit pas du jour au lendemain. Elle suit une procédure encadrée, généralement en deux temps :

  • Le retrait d'agrément : l'ACPR (Autorité de contrôle prudentiel et de résolution), gendarme des assureurs adossé à la Banque de France, retire l'agrément d'un organisme qui ne respecte plus ses obligations de solvabilité. La décision est publiée au Journal officiel.
  • La liquidation : un liquidateur est désigné pour régler le passif. Il inventorie les contrats, appelle les créanciers à déclarer leurs créances et organise la répartition des actifs restants.

Pour un assuré dommages-ouvrage, deux situations existent. Soit le sinistre est déjà déclaré et en cours d'instruction : il faut alors sécuriser sa créance. Soit le sinistre n'est pas encore survenu mais l'ouvrage est toujours dans la période de garantie décennale : la couverture doit être maintenue, par transfert de portefeuille ou par le fonds de garantie. Dans tous les cas, votre attestation dommages-ouvrage reste la preuve que le chantier était bien assuré.

Le rôle du FGAO

Le Fonds de garantie des assurances obligatoires de dommages (FGAO) est l'organisme prévu par le Code des assurances (articles L421-9 et suivants) pour intervenir en cas de défaillance d'un assureur relevant d'une assurance obligatoire. La dommages-ouvrage étant obligatoire pour tout maître d'ouvrage qui fait construire (article L242-1), elle entre dans ce champ de protection.

Concrètement, lorsqu'un assureur DO est en liquidation et ne peut plus honorer ses engagements, le FGAO prend en charge le règlement des sinistres dans les conditions et limites fixées par la loi. Ce n'est pas un chèque en blanc : le fonds instruit chaque dossier, applique les plafonds et franchises prévus, et son intervention suppose que le contrat était valablement en vigueur.

À retenir

Le FGAO est un filet de sécurité, pas un guichet automatique. Il intervient parce que la DO est obligatoire. Une garantie facultative défaillante n'aurait pas cette protection : c'est un argument de plus pour ne jamais construire sans DO en règle.

Le piège des assureurs LPS

Une part importante des défaillances de ces dernières années concerne des assureurs opérant en Libre Prestation de Services (LPS) : des compagnies agréées dans un autre pays de l'Union européenne (Danemark, Roumanie, Gibraltar, etc.) qui commercialisent des contrats en France sans agrément français. Leurs tarifs sont souvent très bas, ce qui les rend attractifs pour les constructeurs pressés de couvrir un chantier.

Le problème : quand l'un de ces assureurs s'effondre, ce n'est pas l'ACPR qui le contrôle, mais l'autorité de son pays d'origine, et c'est le système de garantie de ce pays qui devrait théoriquement intervenir. Les recours deviennent alors longs, incertains et souvent décevants. De nombreux maîtres d'ouvrage se sont retrouvés avec une attestation sans valeur réelle.

C'est pourquoi le tableau ci-dessous résume les grandes différences à connaître :

Critère Assureur agréé en France Assureur LPS étranger
Autorité de contrôle ACPR (France) Autorité du pays d'origine
En cas de défaillance Champ du FGAO, recours en France Système de garantie étranger, recours complexes
Prix Généralement plus élevé Souvent très bas (signal d'alerte)
Sécurité pour l'assuré Élevée Faible à incertaine

Vos démarches concrètes

Si votre assureur DO est en liquidation, agissez vite et méthodiquement :

  • Rassemblez vos justificatifs : attestation dommages-ouvrage, procès-verbal de réception des travaux, et le cas échéant votre déclaration de sinistre déjà envoyée. Ce sont les pièces qui prouvent votre droit.
  • Déclarez votre créance au liquidateur dans le délai indiqué par la publication officielle. Passé ce délai, vous risquez la forclusion, c'est-à-dire la perte du droit de réclamer.
  • Contactez le FGAO (fgao.fr) pour signaler votre situation et connaître la procédure de prise en charge des sinistres DO.
  • Si un sinistre est en cours, ne suspendez pas vos démarches : poursuivez la gestion de votre sinistre et conservez tout échange écrit, de préférence en recommandé avec accusé de réception.
  • Vérifiez un éventuel transfert de portefeuille : l'ACPR peut avoir désigné un repreneur qui continue à gérer votre contrat. Vous en êtes informé par courrier.

Gardez à l'esprit que ces procédures sont plus lentes qu'un règlement ordinaire. La rigueur documentaire est votre meilleure alliée : chaque pièce manquante rallonge les délais.

Vérifier un assureur avant de souscrire

Le meilleur recours reste de ne jamais se retrouver dans cette situation. Avant de signer un contrat DO :

  • Vérifiez l'agrément sur le site de l'ACPR : un assureur agréé en France offre le meilleur cadre de protection.
  • Méfiez-vous des tarifs anormalement bas : un prix cassé cache souvent un assureur LPS fragile ou un courtier peu regardant.
  • Identifiez bien qui porte le risque : le courtier n'est pas l'assureur. Demandez le nom de la compagnie qui garantit réellement le contrat.
  • Privilégiez un contrat clair avec des conditions générales lisibles et un interlocuteur français.

Comparer plusieurs offres solides plutôt que de choisir la moins chère est le vrai gage de sérénité sur les dix ans de garantie décennale.

Questions fréquentes

Que devient ma garantie si mon assureur DO fait faillite ?
La dommages-ouvrage étant une assurance obligatoire, le Fonds de garantie des assurances obligatoires de dommages (FGAO) prend le relais pour indemniser les sinistres, dans les conditions et limites fixées par le Code des assurances (articles L421-9 et suivants). Votre couverture n'est donc pas perdue par la seule disparition de l'assureur.
Comment savoir si mon assureur a perdu son agrément ?
Le retrait d'agrément est prononcé par l'ACPR (Autorité de contrôle prudentiel et de résolution) et publié au Journal officiel. Vous recevez normalement un courrier du liquidateur désigné. Vous pouvez aussi vérifier la situation d'un organisme sur le site de l'ACPR (acpr.banque-france.fr).
Dois-je contacter le FGAO ou le liquidateur ?
Les deux. Vous déclarez votre créance auprès du liquidateur dans le délai indiqué par sa publication, et vous vous rapprochez du FGAO (fgao.fr) qui organise la prise en charge des sinistres relevant des assurances obligatoires. Conservez tous vos justificatifs.
Le FGAO couvre-t-il un assureur européen en libre prestation de services ?
L'intervention du FGAO vise les défaillances d'organismes soumis à son champ légal. Les assureurs LPS agréés dans un autre État de l'Union relèvent d'abord de leur système de garantie national et du contrôle de leur pays d'origine, ce qui rend les recours plus complexes. C'est justement pourquoi il faut éviter les acteurs LPS fragiles à la souscription.
Mon contrat peut-il être transféré à un autre assureur ?
Oui. En cas de retrait d'agrément, l'ACPR peut organiser un transfert de portefeuille vers un autre assureur, qui reprend alors les contrats et les engagements. Vous êtes informé par écrit de l'identité du repreneur et de la continuité de votre garantie.
Combien de temps prend une indemnisation via le FGAO ?
Les délais sont plus longs qu'un règlement classique car ils dépendent de la procédure de liquidation et de l'instruction du dossier par le fonds. Comptez plusieurs mois. Déclarez votre sinistre et votre créance sans attendre pour ne pas être forclos.
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